Le peuple : théories, discours et représentations. Appel à communication

Appel à communication 

Colloque

Le peuple : théories, discours et représentations

AMU

CAER ED854

Aix-en-Provence, Maison de la Recherche Schuman

10, 11, 12 mars 2016

 

Dans le sillage des travaux conduits depuis deux ans dans le cadre du séminaire « Pensée, actions et structures sociopolitiques » du Centre Aixois d’Études Romanes (CAER – EA 854 : http://caer.univ-amu.fr/recherche/axe-1/), l’on se propose d’interroger le sens et les usages du concept de « peuple » (pueblo / povo / popolo / popor) du Moyen Âge à nos jours, dans les péninsules ibérique (Espagne et Portugal), italienne, en Roumanie et en Amérique latine.

Depuis l’Antiquité, la notion de peuple fait l’objet de multiples interprétations qui recouvrent au moins trois dimensions, ethnologique, socio-économique et politique :

-une dimension ethnologique : le peuple désigne couramment un ensemble d’individus qui ont formé une communauté partageant un sentiment d’appartenance, une communauté de destins, fondée sur un passé commun (réel ou supposé), un territoire commun, une langue ou une culture commune, éventuellement une religion commune, en tous cas des valeurs communes, sur un sentiment d’appartenance

– une dimension socio-économique : le peuple est aussi l’« ensemble des citoyens les plus nombreux et les plus modestes d’une nation »  ou bien « Le peuple désigne l’ensemble des citoyens de condition modeste ou humble, par opposition aux groupes ou classes privilégiées par la naissance, par la fortune, la culture, l’éducation… ». (un critère à la fois quantitatif et qualitatif).

-une dimension politique, déjà présente sous l’Antiquité, dont la signification s’est profondément enrichie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, lorsque la notion de «peuple » s’est trouvée au cœur des processus de construction politique issus des révolutions libérales. Le concept abstrait de « peuple » s’impose comme principe de la prééminence de la nation. L’idée même de « peuple » se focalise dès lors sur le principe de l’unité, qui octroie une légitimité à son pouvoir.

L’extrême polysémie du mot « peuple » en fait une notion particulièrement riche de charges symboliques souvent contradictoires et susceptibles de faire l’objet de multiples interprétations et instrumentalisations :

-le peuple vu comme repoussoir politique qu’il convient de dominer et de contrôler

-le peuple vu comme entité au nom de laquelle l’action politique est entreprise

-le peuple vu comme acteur investi d’un rôle et d’une mission politiques

 

En s’appuyant sur des corpus variés (textes juridiques, philosophiques, politiques, écrits du quotidien, œuvres littéraires et productions des arts visuels), les participants au colloque auront pour objectif d’inscrire leur réflexion dans une perspective comparatiste. Le « peuple » sera évoqué négativement, emblème de toutes les provocations et égarements, mais aussi comme dépositaire de vertu politique. Une attention particulière sera accordée aux approches diachroniques d’une même thématique ainsi qu’à l’établissement des liens que le concept de « peuple » entretient avec d’autres notions connexes (vassaux, sujets, citoyens, tribus, ethnie, populace, population, etc.).

 

Langues du colloque : français et langues de l’aire géographique concernée.

 

Les propositions (titre + présentation de la communication d’environ 20 lignes) sont attendues pour le 11 mai 2015 et doivent être adressées à :

-Théa Picquet pour le domaine italien : « thea.picquet@univ-amu.fr »

-Pascal Gandoulphe pour le domaine hispanique péninsulaire : « pascal.gandoulphe@univ-amu.fr »

-Gérard Gomez pour le domaine latino-américain : « gerard.gomez@univ-amu.fr »

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